29 novembre 2009
L'arboretum... fin...
"Des mots d'amour aux arbres. Il y en a eu tant et plus. Dans des livres d'or. Année après année. Je les ai conservés. Tous. De temps en temps, j'en ouvre un au hasard et je lis, à haute voix :
"J'en ai un gracieux, un autre prétentieux, et d'autres généreux pour tous les fruits qu'ils nous donnent".
"Mon arbre est élancé.
Il attire les papillons
Dans leur étrange ballet
Qui se lovent sur son tronc
C'est "l'arbre à papillons"
ou "Buddleia daviddi""
"Mon arbre il est... grand, fort, protecteur... prévoyant... J'ose croire qu'il m'aime... lui qui sait si bien m'abriter de la pluie, du soleil et du vent. Il me rend folle de lui. Pas de doute, je suis amoureuse !"
et puis, celui-ci, qui touche mon coeur de femme vieillissante :
"Je dirais doux, doux comme un arbre"
et encore celui-là :
"Longtemps après avoir découvert les toiles de Caspar David Friedrich et celles de Camille Corot, j'aime faire l'expérience de m'arreter suffisamment longtemps devant n'importe quel arbre du Plantaurel ; vient immédiatement l'impression étrange d'etre à jamais un de ces personnages minuscules, égarés (avec tricorne ou bonnet rouge) dans un de leurs tableaux..."
Ces carnets, je les ai fait relier. Leur place dans ma bibliothèque : entre poésies et grands maitres de la peinture. L'arbre. L'arbre-roi. L'arbre-reine. Quel artiste peut égaler par son oeuvre tant de beauté, tant de force, tant de perfection ?
Dans ce monde un peu fou, l'homme parfois, tente de rejoindre ce petit paradis, les bras de l'arbre. L'arbre-père. L'arbre-mère. Naissent alors des reves d'enfants joyeux : cabanes dans les arbres, parcours sportifs dans les branches, à la recherche du Tarzan ou de la Jane qui sommeille en chacun de nous. Je les approuve de tout mon coeur.
Promenade chaque jour aux milieux des arbres. C'est un rituel auquel je ne déroge pas. Essentiel. Certains se sentent pousser des ailes : des racines prolongent mes membres devenus gourds et raides. Je respire jusqu'au vertige l'odeur puissante de l'humus en automne ; mes yeux rougissent sous les bourgeons printaniers, les blés blonds de l'été me font éternuer et je m'endors rapidement pour une sieste (instant volé) à l'ombre d'un figuier ou d'un saule pleureur. L'hiver révèle aux yeux de tous et de chacun les squelettes endormis des etres de bois et de sève. Tout un cycle de vie. En tant que femme, j'y suis sensible. Je m'y reconnais.
Quand on voit la joie du nomade à la vue de l'oasis, on sait que l'humain a besoin de l'arbre autant qu'il a besoin de l'eau, du pain et du soleil.
Il existe un dicton qui dit que, dans une vie, il est bon de planter au moins un arbre. Comme pour mieux s'enraciner dans l'existence, plonger dans la terre et toucher le ciel. L'essence-ciel..."
FIN
Oursonne (novembre 2009)
The key - huile - Matthew Joseph Peak
Ce texte a été écrit avec vos mots et les miens. Il nous parle des arbres. Ces compagnons de vie qui sont les témoins de notre passage sur terre. Ces etres essentiels à notre vie. Je vous remercie de ce partage.
l Oursonne, avec la complicité de Ptitlapin, OlivierNoémie, Sylvie, Servanne, Mathilde, Laurette, Indian-Isa, Hespérie, Dourvac'h, Caro Carito et Anne-Sabine
22 novembre 2009
L'arboretum... 3ème partie...
"S'enraciner. Quand je n'avais fait qu'avancer, encore et toujours. Aiguillonnée par un appétit de feuilles, de branches et d'écorce. De sève et de fruits. Et d'humains...
La fatigue avec l'age. J'avais passé ma vie sur les routes du monde, avec au fond de l'ame cette envie de trouver une foret, ma foret, un arbre... mon arbre. Et puis ces mots, dans le livre d'or, ces mots qui me parlaient si fort, tambour dans le ventre, seve et sang melés.
Je ris en silence. Je me moque de moi-meme.
J'ai travaillé, toute ma vie. Seulement, voilà : je n'ai pas le moindre argent devant moi. Je n'ai pas un sou, ni un liard et encore moins un dollar en poche. J'ai vécu de peu, de quoi me nourrir, parfois me loger. Ce qui me restait, je le donnais. Les nomades voyagent léger. Et j'en étais une.
J'en ai revé de cet arboretum. Le mien. Idéal. Pourvu de toutes les espèces d'arbres vivants sur la planete. Un lieu où les humains de toutes races se meleraient. Promeneurs du dimanche, scientifiques passionnés (j'ai dans l'idée... fausse ?... qu'un scientifique est de toute évidence un etre passionné), écoles primaires pour la leçon hebdomadaire, caravanes d'hommes bleus, cavaliers de Mongolie, bushmen,... Pour un tel reve, un tel concept, il aurait fallu des fortunes, et puis aussi des hectares et des hectares, quantité de jardiniers, paysagistes,... et un lieu, immense, magnifique, propice à toutes les cultures car chaque arbre a son sol et sa saison. Et cet endroit n'existe pas, ne peut pas exister et n'existera jamais. Une utopie certes. Une belle utopie. La mienne.
Ce que je fais ? Je suis restée dans ce jardin des plantes. J'ai postulé pour remplacer le gardien qui partait en retraite. Le hasard ou bien le destin... N'est-ce pas la meme chose ?
Pourquoi suis-je restée ? Ah ! Pour ce livre d'or où se déposaient, comme par magie, des mots d'amour. Des mots pour les arbres."
Oursonne (novembre 2009)
La suite... bientot.
Papier découpé - Helen Mussel White
18 novembre 2009
L'arboretum... 2ème partie...
"J'ai passé une grande partie de ma vie sur les routes du monde, à la recherche de nouveaux arbres. Prise d'une frénésie de découvertes, je m'arretais pour apprendre, rencontrer, travailler suffisamment longtemps pour en connaitre davantage sur les etres de bois et de sève, mais pas assez cependant pour m'attacher à un humain ou pour le laisser m'attacher. Je ne pouvais m'arreter. Il me fallait avancer pour savoir... savoir si, au détour du chemin, il existait un arbre plus beau, plus grand, un arbre différent, un arbre inconnu meme...
Je suis allée du Canada (et son érable rouge au sirop nourrissier) aux grandes forets du Nord où les sapins sont rois. Je me suis reposée dans les palmeraies d'Afrique du Nord, j'ai contemplé les couleurs flamboyantes du jardin de Majorelle, revé aux jardins suspendus de Babylone. J'ai parcouru des paysages où l'arbre est une rareté, un manque. Le manque d'arbres, oui. Pampa, Sahara... Je me suis perdue dans des labyrinthes de buis, j'ai posé un instant ma tete sur une épaule amie à l'abri d'un saule pleureur sur les bords de la Marne. Et toujours cette quete.
J'ai mis mes pas dans ceux des herboristes, explorateurs et découvreurs de la Flore de notre planète. J'ai appris auprès de vieux maitres tous les soins du jardin et dormi dans les bras de jeunes jardiniers. Et ainsi, je suis devenue jardinière. Je pouvais travailler partout où j'allais et j'aimais etre celle qui redessinait le paysage rien qu'en taillant ou en plantant des arbres.
De l'arbrisseau à l'arbre centenaire, j'ai vécu mille vies. Les arbres parlent... je le sais. Ils parlent à leur façon. Le chant de la sève, le bruissement du feuillage, le craquement de l'écorce... tel est leur langage. Partout, le meme. La langue des hommes, changeante et mouvante, me donne le vertige. Celle des arbres m'apaise, c'est comme ça.
Et puis, un jour, je suis retournée dans le pays qui m'a vue naitre. C'était une belle journée de printemps, une de ces journées où la douceur de l'air vous donne l'illusion d'avoir à nouveau 4 ans, une de ces journées où le soleil vous fait faire des folies. Je suis entrée dans un jardin des plantes comme il en existe des milliers. J'ai parcouru le livre d'or qui tronait devant la loge du gardien et j'ai lu ceci :
"Ces géants à la peau ridée dès leur plus jeune age cachent sous leur écorce un coeur qui bat au rythme des saisons... Perchoirs à oiseaux, ils tendent leurs bras grand ouverts au ciel pour cueillir la lumière. Ils nous ressemblent... Identiques et si différents... Leur périple autour du monde nous rappelle qu'il faut s'enraciner pour mieux parcourir le monde."
S'enraciner...
Oursonne (novembre 2009)
La suite... plus tard.
"Feuillage" Huile - Jacqueline Bachman
15 novembre 2009
L'arboretum... 1ère partie...
"Je suis née dans un arbre. Bien enraciné, solide, tendre avec des branches comme des bras, des doigts qui savent me caresser tendrement pour aller jusqu'à mon coeur... C'est là mon arbre-mère. Il vit au milieu de la foret, c'est un arbre à fées. Il est grand, moussu, ses feuilles sont d'un gris tendre, presque transparentes... la rosée du matin les fait scintiller. Sous la terre, on devine ses racines tortueuses et ce n'est que lorsque le vent vient courber ses plus hautes branches, cet instant où elles viennent caresser le sol humide que les fées peuvent y monter, les fées ... et moi. Rien que moi. Il s'ensuit alors une danse folle que rien n'arretera jamais.
J'aime me balancer dans ses bras courbes jusqu'à en perdre le souffle, l'écouter craquer sous les assauts de la tempete, me fondre dans son feuillage si changeant et par dessus-tout, j'aime à contempler ses hotes : oiseaux, écureuils et aussi papillons.
Mon arbre est mère. Un arbre de velours à l'écorce moelleuse. C'est un arbre d'amour, de sève harmonieuse.
Mon arbre est père aussi. Un tronc donc mes bras ne peuvent pas faire le tour, et qui accueille la mousse et le lierre rampant, et un feuillage tendre, aux reflets bleutés, pas trop dense, pour laisser passer la lumière. Un arbre revé.
Et puis, un jour, j'ai quitté mon arbre. Mon arbre mère. Mon arbre père. Mon arbre mère et père. Car le monde est plein d'arbres, infiniment d'arbres. Tant et tant qu'il me faut découvrir. Alors je marche, je marche à la rencontre des arbres."
Oursonne (novembre 2009)
La suite... bientot.
Avec vos mots, avec les miens, un texte, une histoire dédiée aux arbres. Parce qu'ils étaient là avant nous, nous accompagnent tout au long de notre vie et parce qu'ils sont la vie.
"A private world" Tim Walker
13 novembre 2009
Etoffe...
J'ai tissé cette étoffe
des broderies d'amour
sur ta peau
Sous la coupe soyeuse
et les perles
chair et sang
Sources picturales :
"Threads" Pastel - Peer Seltzer
"Zenobius et Lucy" Huile sur panneau - Anne Connell
10 novembre 2009
Emile Lévy...

"Mother and daughter" Emile Levy
"La lettre d'amour" Emile Lévy
09 novembre 2009
Etoile qui danse...
Déséquilibre
Le corps se meut, s'émeut
Ame libre
Les pieds légers
tracent des arabesques sages
mais l'étoffe rouge...
Chaussons rangés
tu danses dans tes rêves
éternelle étoile
jjj
Sources photographiques :
"Mystic dance" et "La robe rouge" Gaena da Silva
"Shoes 2" Sandra Lane
Cet article a déjà été publié sur le blog à quatre mains
"Au clair de nos âmes" en octobre 2009
07 novembre 2009
Nuit...
Quand les bleus de la nuit
s'avancent sur la lande
Quand les maux et l'ennui
soupirent et s'abandonnent
à l'instant magique
entre chiens et loups
Bleu électrique, bleu nuit,
bleu sombre
le regard se perd
le coeur vagabonde
Le nez contre la vitre
blottie entre tes bras
en ailes de colombe
ton sang joue sa musique
tout s'apaise et tout sombre
Fondu au bleu
iii
Oursonne (novembre 2009)
"Sans titre" Huile - Elizabeth Mowry
Ecoutez Ravel, "Gaspard de la nuit" :
http://www.youtube.com/watch?v=Ez1s9JCzvQg
04 novembre 2009
Arbres...
Des mots pour un arbre...
Donnez moi vos mots. Comment voyez-vous votre arbre ? Droit, courbé, touffu, sec, noueux, fragile,... sa ou ses couleurs, son parfum, ce qui vous parle en lui... ou bien un adjectif... au gré de votre envie.
Juste quelques mots chacun et j'en ferai un texte ou un poème "à mille mains", parce que j'aime ce partage là.
Je vous attends.
L'Oursonne

"Taos trees" Huile - Andrea Harris

Spring harvest moon - Acrylique - Bernarducci Meisel
"Moonlight on the lake" huile - John Atkinson Grimshaw
03 novembre 2009
Bonne nuit...
Huile de William Ciccariello




















