01 juillet 2008
"La liseuse" Pascal Peltier
http://www.pascal-peltier.com/pages/galerie.html
"Tu n'es à toi
ni à personne.
Tu appartiens au vent,
au lit ouvert,
à l'aube envahissante,
au cri prolongé des regards
et à l'infiniment petit.
Contre
l'existence à forfait,
la poésie
est ton propos délibéré.
Si tu ne confies pas
ton secret à un seul,
dis-le au monde entier.
Toi qui déranges
les déserts,
toi qui fais saigner
les verrous,
ne crains pas
les forêts trop grandes :
une biche toujours
te montrera la source."
Claire Florentin
"What a change was seen" Warwick Goble
"L'amour n'existe pas et autres poèmes en prose", Les nouveaux cahiers de Jeunesse - 1970
30 juin 2008
Douceur...
Une envie de douceur
profonde, irrésistible
Comme une vague
emportant
les chagrins, les regrets
Une envie si intense
qu'elle fait chavirer
l'amertume
Je te reçois
douceur
comme un bienfait
Mon corps tout entier
réceptacle
de ton miel doré
Oursonne
"En pincer pour Magritte" Pierre Marcel
Pierre Marcel, à découvrir ici : http://www.lepommier.net/pierremarcel/shows/theme_eau/flavacourt2004.htm
29 juin 2008
Eau...
"L'eau !
Eau, tu n'as ni goût, ni couleur, ni arôme, on ne peut pas te définir, on te goûte, sans te connaître.
Tu n'es pas nécessaire à la vie : tu es la vie. Tu nous pénètres d'un plaisir qui ne s'explique point par les sens. Avec toi rentrent en nous tous les pouvoirs auxquels nous avions renoncé. Par ta grâce, s'ouvrent en nous toutes les sources taries de notre cœur.
Tu es la plus grande richesse qui soit au monde, et tu es aussi la plus délicate, toi si pure au ventre de la terre. On peut mourir sur une source d'eau magnésienne. On peut mourir à deux pas d'un lac d'eau salée. On peut mourir malgré deux litres de rosée qui retiennent en suspens quelques sels. Tu n'acceptes point de mélange, tu ne supportes point d'altération, tu es une ombrageuse divinité...
Mais tu répands en nous un bonheur infiniment simple."
SAINT-EXUPÉRY, (extrait de Terre des hommes)
Illustration : "Bain de fleurs" Botanica
28 juin 2008
Offrande...
Offrande premiere
Tes mains amies
Toute ta vie sur la paume
"Mains d'une vieille femme japonaise" Sam Abell
"Mains présentant du muscat" James P. Blair
"Offrande" Stéphane de Bourgies
27 juin 2008
Les mains...
"La création du monde" Michel-Ange
"Mains en prière" Albrecht Dürer
"La Joconde" Léonard de Vinci
"Mains" Rodin
Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi te mains que je sois sauvé
Lorsque je les prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes main à moi
Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m'envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tresailli
Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots
Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu
Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.
"Les mains d'Elsa" Louis Aragon
26 juin 2008
Plumes...
"Margaret Woffington" Jean-Baptiste Van Loo
"Etude de tête à l'oiseau" Bouguereau
"Portrait de jeune femme à l'oiseau" Jean-Baptiste Isabey
"Fée à l'oiseau" anonyme (offert par Dourvac'h)
"Fais comme l'oiseau
Ca vit d'air pur et d'eau fraîche, l'oiseau
D'un peu de chasse et de pêche, l'oiseau
Mais jamais rien ne l'empêche, l'oiseau
D'aller plus haut..."
Michel Fugain
Frémissement de plumes
Sur les ailes du vent
Vit l'oiseau
25 juin 2008
Nuages...
Couché sur le dos, dans le vert gazon,
Je me baigne d'ombre et de quiétude.
Mes yeux ont enfin perdu l'habitude
Du spectacle humain qui clôt la prison
Du vieil horizon.
Là-bas, sur mon front passent les nuages.
Qu'ils sont beaux, mon âme ! et qu'ils sont légers,
Ces lointains amis des calmes bergers !
S'en vont-ils portant de divins messages,
Ces blancs messagers ?
Comme ils glissent vite ! - Et je pense aux femmes
Dont la vague image en nous flotte et fuit.
Le vent amoureux qui de près les suit
Disperse ou confond leurs fluides trames ;
On dirait des âmes !
Rassemblant l'essor des désirs épars,
Ivre du céleste et dernier voyage,
À quelque âme errante unie au passage,
Mon âme ! là-haut, tu me fuis, tu pars
Comme un blanc nuage !
Léon DIERX











