L'Art de la douceur

Un peu de tout, beaucoup de p'tits riens....

03 juillet 2008

Ma main est un animal.
Ma main écrit ... bien ou mal.
Ma main dessine les choses.
Ma main sait cueillir les roses.
Ma main caresse, ma main cause,
Ma main sur ma main se pose.
Dans ma poche, ma main joue.
Ma main frappe sur la joue
De celui qui m'enquiquine.
Ma main tape à la machine,
Tape sur le minitel.
Ma main met un grain de sel
Sur la queue du rouge-gorge.
Ma main pourrait, dans la forge,
Battre le fer sur l'enclume.
Mais ma main est main à plume !
Et fabrique des poèmes,
Des comptines. Ma main sème,
Les grains de l'imaginaire,
Les rêveries, les chimères
Dans les oreilles amies
Ma main qui dit à vos mains
Prenez-vous donc par la main ...

Georges Jean

(Ce poème m'a  été offert par Servanne)

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"Les mains du potier" François Neyroud

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01 juillet 2008

"Tu n'es à toi
ni à personne.
Tu appartiens au vent,
au lit ouvert,
à l'aube envahissante,
au cri prolongé des regards
et à l'infiniment petit.
Contre
l'existence à forfait,
la poésie
est ton propos délibéré.
Si tu ne confies pas
ton secret à un seul,
dis-le au monde entier.
Toi qui déranges
les déserts,
toi qui fais saigner
les verrous,
ne crains pas
les forêts trop grandes :
une biche toujours
te montrera la source."

Claire Florentin

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"What a change was seen" Warwick Goble

"L'amour n'existe pas et autres poèmes en prose", Les nouveaux cahiers de Jeunesse - 1970

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27 juin 2008

Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi te mains que je sois sauvé

Lorsque je les prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes main à moi

Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m'envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tresailli

Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots

Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu

Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.

                               "Les mains d'Elsa" Louis Aragon

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26 juin 2008

"Fais comme l'oiseau

Ca vit d'air pur et d'eau fraîche, l'oiseau

D'un peu de chasse et de pêche, l'oiseau

Mais jamais rien ne l'empêche, l'oiseau

D'aller plus haut..."

Michel Fugain

Frémissement de plumes

Sur les ailes du vent

Vit l'oiseau

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25 juin 2008

Nuages...

Couché sur le dos, dans le vert gazon,
Je me baigne d'ombre et de quiétude.
Mes yeux ont enfin perdu l'habitude
Du spectacle humain qui clôt la prison
Du vieil horizon.

Là-bas, sur mon front passent les nuages.
Qu'ils sont beaux, mon âme ! et qu'ils sont légers,
Ces lointains amis des calmes bergers !
S'en vont-ils portant de divins messages,
Ces blancs messagers ?

Comme ils glissent vite ! - Et je pense aux femmes
Dont la vague image en nous flotte et fuit.
Le vent amoureux qui de près les suit
Disperse ou confond leurs fluides trames ;
On dirait des âmes !

Rassemblant l'essor des désirs épars,
Ivre du céleste et dernier voyage,
À quelque âme errante unie au passage,
Mon âme ! là-haut, tu me fuis, tu pars
Comme un blanc nuage !

Léon DIERX

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13 juin 2008

"J'aime ce monde simple
dont nous sommes partis.
Le coeur est fait pour être empli
Les yeux veulent savoir, entendre.
Mais l'âme est insatiable
et veut toujours grandir.
Une lèvre est gourmande.
Il s'y suspend un fruit.
Belle cerise des paroles.
Le jour, l'an,
la durée montent pour y mûrir.
J'ai le goût de la vie à la bouche.
J'embrasse.
Je suis toujours demain.
Toujours plus beau."

Jean Malrieu (Vesper - La fenêtre ardente)

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"Butterfly world" Luisa Gaye Ayre

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10 juin 2008

On ne peut me connaître
Mieux que tu me connais

Tes yeux dans lesquels nous dormons
Tous les deux
Ont fait à mes lumières d'homme
Un sort meilleur qu'aux nuits du monde.

Tes yeux dans lesquels je voyage
Ont donné aux gestes des routes
Un sens détaché de la terre

Dans tes yeux ceux qui nous révèlent
Notre solitude infinie
Ne sont plus ce qu'ils croyaient être

On ne peut te connaître
Mieux que je te connais.

     Paul Eluard (les yeux fertiles)

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27 mai 2008

Tu crois au marc de café,
Aux présages, aux grands jeux :
Moi je ne crois qu'en tes grands yeux.

Tu crois aux contes de fées,
Aux jours néfastes, aux songes.
Moi je ne crois qu'en tes mensonges.

Tu crois en un vague Dieu,
En quelque saint spécial,
En tel Ave contre tel mal.

Je ne crois qu'aux heures bleues
Et roses que tu m'épanches
Dans la volupté des nuits blanches !

Et si profonde est ma foi
Envers tout ce que je crois
Que je ne vis plus que pour toi.


                            Paul VERLAINE

francois_boucher

François Boucher

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23 mai 2008

Miss Ellen, versez-moi le Thé
Dans la belle tasse chinoise,
Où des poissons d'or cherchent noise
Au monstre rose épouvanté.

J'aime la folle cruauté
Des chimères qu'on apprivoise :
Miss Ellen, versez-moi le Thé
Dans la belle tasse chinoise.

Là, sous un ciel rouge irrité,
Une dame fière et sournoise
Montre en ses longs yeux de turquoise
L'extase et la naïveté :
Miss Ellen, versez-moi le Thé.

                                      Théodore de Banville

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18 mai 2008

La muse...

Près du ruisseau, sous la feuillée,
Menons la Muse émerveillée
Chanter avec le doux roseau,
Puisque la Muse est un oiseau.

Puisque la Muse est un oiseau,
Gardons que quelque damoiseau
N'apprenne ses chansons nouvelles
Pour aller les redire aux belles.

Un méchant aux plus fortes ailes
Tend mille pièges infidèles.
Gardons-la bien de son réseau,
Puisque la Muse est un oiseau.

Puisque la Muse est un oiseau,
Empêchons qu'un fatal ciseau
Ne la poursuive et ne s'engage
Dans les plumes de son corsage.

Mère, veillez bien sur la cage
Où la Muse rêve au bocage.
Veillez en tournant le fuseau,
Puisque la Muse est un oiseau.

                                            Théodore de Banville

la_le_on___wagner

"La leçon" Wagner

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