L'Art de la douceur

Un peu de tout, beaucoup de p'tits riens....

10 novembre 2009

Emile Lévy...

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"Mother and daughter" Emile Levy

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"La lettre d'amour" Emile Lévy

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30 mars 2009

Le livre sur la banquette...

Sara aime lire. Passionnément. Chaque jour, elle emprunte le chemin qui la mène à la gare. La gare où elle va prendre son train. Un train qui l'emmène à son travail. Et, toujours, un livre dans son sac. Et parfois, ce livre, elle l'oublie. Sur la banquette. La banquette du train qui repart vers la station suivante.

Quelquefois, la lecture est achevée, d'autre fois à peine commencée. Ca l'embete tout de meme cette manie de perdre ses livres comme d'autres perdent leur parapluie. Ca n'est pas sérieux.

Sara aime preter ou donner ses livres, mais pas comme ça. Elle aimerait pouvoir en profiter encore un peu, caresser la couverture d'un ouvrage particulièrement aimé des yeux ou du bout du doigt. Prolonger encore la lecture et les sensations qu'elle a fait naitre par la pensée, la réflexion, apprécier la trace laissée en elle. La porter tout contre elle, dans son sac.

Ce qu'elle espère, Sara, c'est que les ouvrages égarés trouvent un propriétaire digne de ce nom : un lecteur, un vrai. Un passionné comme elle. Sinon, c'est un peu comme donner de la confiture aux cochons. Et puis, elle s'en veut de cette étroitesse d'esprit qui ne lui ressemble pas. Les mots sont faits pour circuler, tout comme les trains. Ca n'est pas bien grave. Sara achète un autre livre. Peut-etre rentrera-t-il ce soir avec elle dans sa maison.

Ce qui la ravirait, Sara, c'est de retrouver son ouvrage dans le train, disons... la semaine suivante. Avec une petite écriture sur la page de garde (ou un post-it, ce mot doux moderne) qui la remercierait de ce "pret", qui lui dirait s'il ou elle a aimé sa lecture. Et, peut-etre, un prénom, un nouveau marque-pages.

Ce qui la comblerait, Sara, c'est de trouver un autre livre à la place du sien. Les livres sont faits pour circuler. A quoi ça rime, à la fin, d'empiler partout des livres et encore des livres, du sol au plafond littéralement ! Son mari s'en agace. L'appartement se transforme en bibliothèque poussiéreuse. Les piles menacent de s'écrouler d'un jour à l'autre. C'est comme une forteresse. "S'enfermer dans les mots, est-ce que c'est dangereux ?" se demande-t-elle parfois.

Livre, Bouquin, Ouvrage, Fascicule, Opuscule, Livre de poche, Best-seller, Auto-édition, Broché, Relié cuir. Roman, Roman historique, Essai, Biographie, Nouvelles, Poésie.
Sara, elle dit : "Mes pages". Où sont mes pages ?

Elle les porte sur elle, en elle, le temps de la découverte. Elle s'approprie cet espace de temps suspendu entre deux feuilles de papier, entre deux lignes écrites par un autre, une autre.

"Ah non ! pas à table !" Son mari grogne. Se faire réprimander ainsi comme une enfant...  Sara n'en a cure. Surtout, garder à portée du regard le trésor à peine entrevu. Le couver des yeux. Elle mange avec application, lenteur et vrai plaisir. Nourrir aussi le corps.

Perchée sur une pile de livres, une boule de chat ronronne, indifférente. Le chien est couché sous une étagère, la tete sur un gros dictionnaire encyclopédique, les yeux mi-clos.

Le silence s'agite. Les personnages s'entremelent et croisent une adolescente épuisée par une journée "trop galère", un homme au mitan de sa vie à la fatigue palpable. "Tu m'écoutes ?". Elle écoute, Sara. Mais la sérénité qu'elle affiche, glané au fil des mots, dérange. Ce monde intérieur, cette richesse apprise du langage de papier, s'il ne remplit pas les brèches de l'existence, s'il n'adoucit pas les chaos d'une vie de femme, la comble pourtant. Une manière de s'alléger du poids des maux par les mots.

Sara court. Le train va partir d'une seconde à l'autre. Vite ! trouver une place et s'installer.

Dans son sac entr'ouvert, un coin de livre qui dépasse et l'appelle. S'en saisir comme on prend un chocolat, avec gourmandise. Et délicatesse aussi. Le marque-pages posé bien à plat contre la couverture, sur la paume ouverte de la main, celle qui soutient. L'autre main, plus chanceuse, caresse le papier, joue avec les coins, assistante zélée d'un regard qui s'envole.

Enfin.

"Mes pages". Elle s'apaise, Sara.

Oursonne (mars 2009)

Merci à celle qui m'a inspiré cette histoire, Ptitlapin, http://winniethepooh.canalblog.com/
Une grande amoureuse des livres et photographe de talent. Bisous à toi.

dream_staircase___Abracadabra

"Dream staircase" Abracadabra sur Flickr

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23 février 2009

De toutes les couleurs...

"Je lègue à mes amis, un bleu céruleum pour voler haut, un bleu cobalt pour le bonheur, un bleu d'outremer pour stimuler l'esprit, un vermillon pour faire circuler le sang allégrement, un vert mousse pour apaiser les nerfs un jaune d'or : richesse, un violet de cobalt pour la rêverie, un garance qui fait entendre le violoncelle, un jaune barite : science-fiction, brillance, éclat, un ocre-jaune pour accepter la terre, un vert Véronèse pour la mémoire du printemps, un indigo pour pouvoir accorder l'esprit à l'orage, un orange pour exercer la vue d'un citronnier au loin, un jaune citron pour la grâce, un blanc pur : pureté, terre de Sienne naturelle, la transmutation de l'or, un noir somptueux pour voir Titien, une terre d'ombre naturel pour mieux accepter la mélancolie noire, une terre de Sienne brûlée pour le sentiment de durée."

TESTAMENT de Vieira da Silva

iii
Ce texte m'a été offert par Caro-Carito   http://lesheuresdecoton.canalblog.com que je remercie beaucoup pour cette découverte.

Maria Helena Vieira da Silva (dite Vieira da Silva) était peintre. Je fais partie de ceux qui ne sont pas touchés par sa peinture, abstraite et complexe, mais ce texte m'enchante ! Quel formidable testament, quel ode à la vie !

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22 février 2009

Les mots couleurs... suite et fin...

LES MOTS COULEURS (suite et fin)

kk

J'ai ressorti de très vieilles boites de peinture aux tubes ridés ainsi que des pastels aux noms si plein de poésie. Ces petits batons allongés dans la boite, au creux d'un nid douillet de mousse qui les protègent des chocs ou bien enrobés d'un sable fin qui les nettoie du passage du temps. Des batons de guimauve alanguis dans le ciel bleu, rose et blanc d'un imaginaire enfantin qui revient à la vie.

Vous comprenez, n'est-ce pas ? Se sentir vivant... Soudain le rose vous monte aux joues. Pas n'importe quel rose ; le "rouge de Venise" n'est pas forcément celui qui monte aux joues de "carmin de garance". Etre troublée à l'extreme, entre le rire et les larmes... Quand il pleure "gris de Payne" sous les feuilles "vert de cobalt pale" d'un arbre au tronc "brun Madder" qui recueille ses larmes précieuses... Ah, je crois bien que je ne peux plus penser qu'en couleurs. Et puis peindre. Peindre les jours patiemment, simplement, en rondeurs colorées, par petites touches, doucement, avec tendresse. Avec amour.

Je contemple ce monde qui s'offre au fur et à mesure que je rouvre les boites, soulève les couvercles de carton aux teintes passées déchirés, usés aux angles. Les chiffons sont moisis. J'éternue et adresse une prière d'excuses muette au prochain drap du sacrifice.

J'ai toujours aimé le nom écrit sur les tubes de métal, vert véronèse, ocre jaune, vermillon, bleu de cyan... bleu de Prusse, casqué à la pointe, jaune de Mars, de Naples et d'ailleurs, terre de Sienne brulée par l'alcool, terre d'Italie naturelle, sans OGM, rose deSmyrne dite aussi Ismir, rouge d'Angers, attention... outremer en DOM-TOM, cramoisie d'Alizarine au nom si joli...

Je délire, comme c'est bon ! et contemple, au dedans de moi, les couleurs qui s'inventent sous mon pinceau joyeux : un garance bleuté, un orangé ivoire et le coeur qui balance, cerise ou indigo, blanc ou noir, ocre ou pourpre.

L'après-midi s'avance. L'heure du tea-time dans un jaune lin ou un sable fin. La rose-thé dans un vase en transparence exquise.

Au-delà de la fenetre, l'étendue du pré est toujours livrée à l'étreinte passionnée de l'hiver et du printemps. Au bois dormant de la glycine pendent des baguettes de givre gris qui se colorent aux éclats du ciel où se mirent les rayons multicolores du soleil, en prisme chaleureux. Et ce ciel... un ciel tendu comme une toile où les pinceaux d'un artiste divin dépose du lavis. Partout, un camaieu de gris qui ignore la grisaille tant il emprunte à l'arc-en-ciel toutes ses couleurs...

Un poème (les poètes me tiennent compagnie, vous l'avez remarqué), un poème remonte à la surface, tronqué, incomplet, d'une intensité à peine soutenable. Il s'agit d'un poème qui parle de mots, de ces mots qui disent notre vision possible des rayons de l'arc-en-miel, à partir de trois couleurs basiques... ah, vous vous impatientez... Alors, tant pis. Ca dit ceci :

"...
ainsi l'arc-en-ciel extérieur se dévoile
Tel qu'il est
Fidèle
Mis à nu
Mes reves les plus fous
En deviennent hystériques, magiques,
trichromatiques
Ma raison alors, se campe debout sur ses trois pieds
Droite sur ses fondations
Marines ciel et eau
Verdeurs plantureuses
Sanguines flamme et forge"

Ca vous intrigue ? J'ai pensé en le lisant pour la première fois que le poète en question était fou. D'une folie magnifique. Tous les poètes sont fous, me dites-vous ? Ah, quel lieu commun... Comment vous convaincre de la puissante beauté de ces vers si vous ne jurez que par le cartésien, l'ordinaire, l'insipide...

Je pense, que dis-je, je reve de tous mes sens à mon amour, à Lui. Il vient diner ce soir. Je placerai, non des chandeliers sur la petite table ronde, mais bien mille bougies sur l'appui de la fenetre (celle qui donne sur le pré aux anes), le manteau de la cheminée, les étagères, le pas de la porte et puis en ourlet au bord du chemin pour qu'il voit. Le blanc, le blanc magnifié, le blanc coloré, éclaté de lumière de ma vie.

Et mon infinie tendresse pour Lui qui a rendu cela possible.

Je suis prete à l'accueillir. Je pose mon visage tout contre la vitre à nouveau glacée. Au dehors flotte une ombre. Une ombre violine qui se pare de bleu outremer et de bleu de prusse, ou d'un cobalt où on perçoit le ciel de la nuit sombre et profond comme l'infini, dans les ombres déportées des troncs d'arbres noir de mars... D'un noir qui n'existe que dans les abimes d'un espace sans trace de temps..."

FIN

Oursonne (21 février 2009)

Co-auteurs : Anne-Sabine, Bindou, Caro-Carito, Chris, Dourvac'h, Jack, Laetitia, Mathilde, OlivierNoémie, Oxymore, Ptitlapin, Servanne et Sylvie

el_vendedor_de_colores___LLARANDI

"Le vendeur de couleurs"
(photographie de LLARANDI sur flickr)

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19 février 2009

Les mots couleurs ... troisième partie...

LES MOTS COULEURS (suite)

kk

"Oh oui, mère nature, je vais l'appeler avec toi ce printemps ! Jaune de Naples, bleu turquoise, cobalt, outremer et n'oublions pas... orange ! Pour un rouge passion, un bleu sérénité, un jaune vitalité, des primaires en primeur aux matins naissants.

D'une main, je dessine du bout de l'index et du majeur sur la vitre gris sale des bouquets de tendresse, des gorgées de soleil, des lacs d'amour... De l'autre, je porte ma tasse à mes lèvres. L'ambre liquide, très clair, très pale, embaume la fleur du cerisier.

C'est comme une promesse. Par petites touches de jaune et de blanc, la nature nous éveille à la lumière du renouveau. Chaque matin, je guette l'arrivée des crocus malicieux (si tout fonctionne comme prévu, une armada parée d'or, de bleu, de parme et veinée de blanc devrait débouler dans ma jardinière), du rose des primevères au coeur orangé, des narcisses blancs souverains et des jonquilles flamboyantes.

Lui écrire. J'abandonne mon poste d'observation, repose ma tasse vide, attrape une feuille au hasard sur le secrétaire. Je virevolte, envahie, submergée  par un trop plein de mots, de sensations, de couleurs vives, d'envies, de promesses à venir, à tenir... Je voudrais juste pouvoir plonger dans l'eau fraiche de la rivière (celle qui longe le pré aux anes), ouvrir les yeux dans le cristal bleu des eaux, me laver de cette exaltation qui n'est pas moi.

"Hier encore, le ciel gris souris rendait mon humeur morose.
Un petit verre de vin blanc (celui que nous avons partagé) la teinte d'un peu de cuivre,
vos jolis mots finissent par y mettre le jaune d'or.
Meme si mon ciel n'est pas d'azur, peut-etre alors
aurais-je un crépuscule mordoré parsemé d'orange brillant,
étreignant un solide violet."

Il va me prendre pour une folle, assurément ! Ou bien une excentrique. Je m'en fiche ! Il me prendra comme je suis et puis voilà.

Il y a des jours où nous sommes aveugles... Et des jours comme aujourd'hui où j'ouvre les yeux sur le monde comme au temps où je sortais mes pinceaux. Comprenez-vous ? C'est comme ... un lacher de ballons de toutes les couleurs dans un ciel bleu sans nuage, juste là, précisément, entre le clair et l'obscur de l'hiver. Et cet éblouissement que l'on espère... J'ai juste envie de peindre."

La suite, plus tard...

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"Japanese flower garden" Konan Tanigami

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18 février 2009

Les mots couleurs... deuxième partie...

LES MOTS COULEURS (suite)

jj

"Dans les premiers gestes de la journée, je m'applique à étirer le temps tel un chat au sortir de la sieste. Délayer la nuit à petites touches prudentes. Eloigner les ombres, avec tendresse, pour qu'elles reviennent avec le grand rideau de la nuit, sans bruit, sans heurt, car là est leur place.

Sur la table, les reliefs du repas de la veille. Lueur brune et beige tendre d'un diner aux chandelles. Avec lui.
Les papillons de mon jardin ont laissé un coin d'aile au fond du bleu de ses yeux. Et sa peau ? Irisée, moirée et nacrée, une douceur or sur son grain de peau amoureux. Dans mes yeux vacille une flamme, une soie rouge précieux. Il m'a séduite. Vous voulez savoir comment ? Avec des mots, oui, des mots. Ses mots à lui, ses mots couleurs.

Je me souviens d'une lettre en particulier, la première. La veille, il avait vu les murs de ma maison, des murs blancs. (Quand je suis arrivée il y a quelques mois, un ou deux, je ne sais plus, mais qu'importe ! j'ai blanchi à la chaux les murs de guinguois et les aretes vives. Ainsi, tout est plus doux, comme à réinventer). Le lendemain matin, j'ai trouvé un grand feuillet bleuté sous ma porte.

"J'aimerais écrire en rouge sur la face blanche de ton espace,
mais je crains que le noir ne veuille pas m'accorder cette faveur.
Il aime trop se nourrir de caractères, de ceux qui tracent la couleur
de cette pensée, et de ceux qui poussent sur le bleu de ton ciel.
Aussi ne prends pas en compte ce que je dis.
Ce fut seulement pour moi un plaisir de colorier ce commentaire."

Avez-vous jamais reçu pareille lettre, pareils mots ? Non, sans doute. Normal, me direz vous ; ils ne sont que pour moi. Cet homme sait qui je suis, il a su deviner, sous le blanc de mes murs, sous le blanc de mes mots, ces couleurs qui m'étouffent jour après jour, nuit après nuit, et que je n'ose dire.

Je m'approche de la fenetre. Sous ma peau le miel de ses paroles. Sur ma peau les reflets mordorés d'une tasse de thé que je tiens à pleines mains. Je contemple le jardin. L'obscurité rend les armes au petit matin qui s'invente. Une ombre de givre fait le tour de la maison.

Je pose ma joue contre la vitre glacée pour apaiser mon sang qui bouillonne. J'ai soif d'un printemps."

La suite... demain...

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"Les deux iris"
Céline Sachs Jeantet

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17 février 2009

Les mots couleur... 1ère partie...

LA BOITE DE COULEURS

"Cette nuit, j'ai revé d'une boite de couleurs. De celles, vous savez, que l'on offre aux enfants avec des pastilles rondes et plates qui ressemblent furieusement à des cachets (ceux-là sont inoffensifs) et un pinceau en plastique rouge au poil maigre.

Ma boite était magique ; une pluie de bulles colorées s'en est échappée, à peine ouverte. Des myriades d'étoiles se déposaient sous mon pinceau sur une feuille immense qui couvrait la surface d'un pré, un pré aux anes, vous voyez... Plus la feuille grandissait, plus je peignais, concentrée sur les effets de couleurs, attentive à la cohérence du sujet, acharnée à recouvrir la moindre petite parcelle de blanc.

Un vers me revient en mémoire "Couleur, c'est la blancheur-étoile de mille mains-bonheur". La suite je l'ai oubliée. Le nom de la poétesse ? Ah ! Je le rechercherai pour vous.

Peindre, c'est comme tendre la main vers la vie, la main tatonne, effleure le feuilleté d'un pétale rose, croque les lilas sous une ombrelle mauve. Dans les couleurs qui s'offrent comme des bonbons, la vie palpite. Je reve de cueillir à l'arc-en-ciel de quoi taguer les ailes de mes papillons, messagers bleus, irisés. Je vis à la campagne. L'été, les champs alentour accueillent jour après jour, nuit après nuit des myriades de papillons. Mon oeil d'humaine n'en a saisi que ce bleu qui noie l'iris et trouble les sens.

Aujourd'hui, je reve de voir danser sur ma crepe à peine colorée les petites flammes bleues du Grand Marnier qui vont l'empourprer. Je me lève. J'ai faim."

La suite... demain...

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"Lapices de colores"
(LLARANDI sur flickr)

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02 décembre 2008

Bonne journée...

J'ai pris une feuille de papier blanc

un crayon bleu et j'ai écrit.

Les mots se sont alignés, sagement,

à mesure qu'ils venaient.

Cela semblait si facile.

Quand j'ai cessé de tracer les jambages sur la feuille,

j'ai levé les yeux.

Par la fenêtre, j'ai vu le ciel, les arbres et les oiseaux

tout un monde vivant, fait de mots,

des mots couleur, des mots odeur.

Des mots que je venais d'écrire.

Exactement.

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"Angel's landing" Misha de Reeder

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16 juillet 2008

Rêverie...

Si j'ouvre ma fenêtre, que verrai-je ? Au-delà des rideaux blancs et des volets gris clair, qu'y a-t-il ?
Lumière éblouissante.
Une plage immense et déserte, qui s'étend au pied des murs de ma maison jusqu'aux rochers là-bas, sur la droite. On y trouve à la saison des moules bien pleines et des petits crabes aventureux délicieux en soupe de poisson.
Marcher tout du long procure des sensations par milliers ; le sable est si doux sous les pieds nus, chaque pas est une caresse exquise qui arrache de petits cris de plaisir. Le chant du vent résonne dans la tête, chassant les chagrins et les larmes ; et la morsure du soleil, à peine perceptible au petit matin, réveille chaque centimètre carré de peau, enveloppe sensuelle aux parfums sauvages.
D'un rocher à l'autre, les oiseaux de mer, mouettes et sternes s'interpellent sans fin ou se laissent porter sur les ailes du vent en un long ballet gracieux. Les rejoindre.
Le sel sur les lèvres. Se dévêtir, entrer dans l'eau qui enveloppe et porte avec force et tendresse. S'étendre sur le dos, les yeux à moitié clos. C'est comme si l'âme sortait du corps, sans poids, happé par la grande bleue aux bras immenses. Fusion, légèreté.

Je m'éveille en sursaut. L'oreiller est tombé, mon sommeil agité m'a mené tout au bord de la couche. Je me redresse et contemple les murs bleus et nus de la chambre. Sur le lit, les draps forment de petites vaguelettes molles et insipides. Je dois me lever et ouvrir la fenêtre. Derrière les volets clos, qu'y a-t-il ? J'entends le murmure lointain de la ville et le bruit métallique du camion-poubelle. La poésie des villes est à l'oeuvre.

Se lever, mais pourquoi ? Si je m'enfonce dans le moelleux de l'oreiller bien à l'abri sous les draps, et si je ferme les yeux, que verrais-je ? La pelouse au pied de la maison est encore verte sous l'astre qui rayonne. Elle s'étend jusqu'à la falaise. Tout à l'heure, j'irai m'y promener, regarder les petites voiles blanches qui dansent....

Oursonne - Juillet 2008

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06 juillet 2008

Impressions d'un petit matin d'été...

L'été.

Rêver et puis s'étirer. Longuement. Se lever et rêver encore. Ouvrir la fenêtre. La lumière douce et déjà vive du matin est promesse d'un soleil ardent. Les oiseaux pépient de concert et l'herbe encore tendre a des parfums de Provence. Se pencher au balcon et rêver toujours. A la journée à venir, aux plaisirs improvisés, à l'ivresse de cette liberté toute neuve, aux amitiés fées...

Préparer le petit déjeuner, les cheveux dans les yeux. Nourrir le chat. Doser le thé. Griller le pain. Choisir le fruit. Préparer le plateau, l'emporter sous la fenêtre. Le fumet du breuvage sacré, le craquant sous la dent... A nouveau l'esprit vagabonde, le retenir encore. Ranger un peu, caresser le chat. La douche est une cascade, de la faïence claire émergent des fleurs gigantesques, soyeuses et vives à l'odeur sucré. Se vêtir d'un rien, penser au maillot de bain. Aux lunettes de soleil, à la crême bienfaisante. Préparer un sac en rêvant de la plage encore lisse à cette heure, à peine troublée par les mouettes qui dansent. Enfiler un esprit de chaussures, attraper les clés du carrosse et.............. partir à la piscine. Laisser le chat.

Et vous, votre dimanche matin, il est comment ?

Bisous éclats de soleil de l'Oursonne

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